Se connaître, s’ouvrir pour s’adapter à l’autre

L’essentiel est de sentir ce qui nous va le mieux en tant que praticien(ne) en devenir. Pour ma part, je mettrais à l’honneur, l’accueil des sensations et la bienveillance des intentions. Lâcher le « formatage de l’école shiatsu » me permet de développer mon écoute et de mieux dialoguer énergétiquement avec mes receveurs.

Comme disait Michael Rose (ancien élève de Senseï Masunaga), lors d’un stage de shiatsu à la Baule: « La Médecine Traditionnelle Chinoise est très intéressante. Mais elle n’est pas indispensable à un très bon Shiatsu. »

Ainsi, j’accueille chaleureusement le receveur. Je l’écoute de façon brève. Je me fie aussi à mes observations (silhouette, démarche, visage, vêtements, mots employés, voix, …). J’écoute son Hara, mon intuition et mes sensations.

Je pars donc des impressions me venant de l’autre, en tenant compte aussi des événements extérieurs (de l’heure, de la saison, …) et je me centre. Tenir compte d’un tout, du microcosme et du macrocosme, s’ouvrir aux ressentis pour accepter de se laisser guider, sans objectif, dans la détente et le calme de l’esprit: C’est aussi ça l’ancrage pour moi.

Cela dit, lors de la première séance, avec un receveur, je prends un temps pour connaître principalement ses contre-indications éventuelles, ses antécédents, ses activités, ses douleurs récurrentes, la qualité de son sommeil et son état d’esprit. Il faut quand même avoir quelques informations ! Certes, nous devons nous aider de nos connaissances. Mais, à mon avis, avec la pratique, elles seront surtout le complément au ressenti de la « main juste », qu’une bonne stabilité nous apporte. D’autre part, suis-je ancrée quand j’ai un objectif à accomplir lors de mes séances ? De mon point de vue, lâcher prise sur le résultat, permet de mieux se centrer. Il faut pour cela apprendre à être humble, abandonner son ego et s’adapter en permanence au receveur et à ses messages.

Il convient d’abandonner l’idée de vouloir guérir le patient pour adapter sa façon d’évoluer sur notre receveur » « ... il est bénéfique d’apprendre à ne rien faire, ne rien vouloir faire » « ... Que le kyo, Jitsu, soit juste ou non, ce n’est pas vraiment important. Lorsque le thérapeute arrive à voir le tout du patient, c’est qu’il a déjà abandonné son ego ».

Tatiana Vaes (professeur et praticienne shiatsu à Bruxelles), intervenante pédagogique lors de ma formation, disait: « Le mot humilité a sa racine dans le mot humus, la substance qui recouvre et nourrit la Terre. ».

Par conséquent, être humble est une qualité de la Terre, liée à l’ancrage. Cette humilité passe par prendre soin de soi pour apporter aux autres: Il est important de cultiver ma propre assise, de la favoriser au quotidien. Quand je suis ancrée, je suis « nous » (avec le receveur).

Pour ce faire, j’évite, en cette période, ce qui peut m’éloigner de la Terre avant une séance: questionnement, réflexion, déduction. Cela procure une fluidité, un bien être réciproque, une justesse qui libère. (Chizuto Mazunaga, « les 100 récits du traitement » - 2010 - p 432 et 433)